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mercredi 26 avril 2017

Edinaya Rossya protège le droit absolu des enfants à se noyer dans les réseaux sociaux



Notre société libérale libertaire a, comme toutes les sociétés, ses vaches sacrées. Internet et les réseaux sociaux en font partie. Ils sont censés être l'incarnation désincarnée de la liberté moderne, elle aussi très virtuelle. Située hors du champs de l'Etat, qui sous aucun prétexte ne doit pouvoir les réglementer, sous peine de procès en totalitarisme. Si, si, n'ayons pas peur des mots. C'est dans cette logique que Edinaya Rossya refuse de soutenir une politique pénale restreignant l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 14 ans. L'on ne touche pas aux dieux modernes, même si l'on revendique des valeurs conservatrices à ses heures.


La question de la protection de l'enfance est particulièrement sensible en Russie. Nous nous souvenons de la grande campagne médiatique autour de l'adoption de la loi proposée par la députée Edinaya Rossya Yarovaya portant aggravation de la responsabilité pour incitation au suicide dans les réseaux sociaux. Ce projet de loi a été initié après la découverte du scandale des groupes de la mort dans les réseaux sociaux en Russie, groupes qui touchent essentiellement les écoliers et jeunes adolescents. (Voir notre article ici)

Dans la foulée de la prise de conscience des dangers que peuvent également représenter les réseaux sociaux pour les jeunes adolescents, dont la personnalité n'est pas encore formée, qui sont psychologiquement fragiles et peuvent facilement tomber sous l'influence de personnalités destructrices, le député Edinaya Rossya Vitaly Milonov a introduit à la Douma un projet de loi visant à  interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de 14 ans.

Ce projet a été qualifié de peu réaliste par D. Peskov, le porte-parole du Kremlin. Le ministère des communications et le service fédérale de surveillance dans le domaine de l'information et des communications de masse soutiennent évidemment la position du Kremlin. Le parti Edinaya Rossya, par la voix du député A. Issaev, affirme ne pas soutenir le projet.

Donc, il ne passera pas. Chacun d'invoquer les problèmes techniques de mise en oeuvre, ce qui permet surtout de ne pas toucher à un élément sacré de notre société: les réseaux sociaux. Même si ces groupes de la mort touchent les jeunes adolescents, même si les réseaux sociaux sont considérés comme un élément de désocialisation de l'enfant, comme un lieu de violence verbale sans précédent. Peu importe, la peur d'être qualifié de rétrograde fait trop peur. Le spectre fantasmé du soviétisme plane encore sur une grande partie de la classe politique, pour laquelle ce serait l'insulte suprême. Adopter des peines d'incarcération renforcées et des amendes plus fortes permet d'avoir la conscience tranquille et de passer à autre chose, tout en restant connecté au monde post-moderne, en en restant un élément, ce qui est somme toute fondamental.

Pourtant, tout politique pénale ne se réduit pas à mettre les gens en prison ou à leur infliger des amendes. L'adoption d'une politique pénale posant le principe de l'interdiction d'accès aux adolescents de moins de 14 ans aux réseaux sociaux serait le point de départ d'un changement de discours sur les réseaux sociaux, de leur désacralisation. Les enfants sauraient où est l'interdit, cet interdit pourrait être répercuté par les enseignants et les parents. Il faut réactiver les réflexes auto-immunitaires de la société. Ensuite, s'il y a violation de l'interdit, c'est leur problème, mais la société ne peut fonctionner qu'avec des règles clairement posées. Actuellement, la règle posée est celle de l'interdiction pour les parents et les enseignents d'interférer dans le droit sacré de l'enfant de s'inscrire sur les réseaux sociaux, les tchats, etc. 

Lorsque le droit a reconnu les droits de la troisième génération (environnement, paix, etc), il leur a tout d'abord accordé une valeur déclarative. Sans même parler des droits de la quatrième génération, comme cet étrange droit au jeu par exemple. Les politiques rangeraient-ils l'accès aux réseaux sociaux dans cette catégorie post-moderne? En revanche, un des autres droits de cette dernière génération, le droit à la santé physique et mentale, pourrait être le fondement de la restriction de l'accès aux réseaux sociaux. A chacun sa société.

La décision est ici idéologique plus que juridique. Le droit ne fait que suivre la volonté politique. Or, cette décision va à l'encontre des dogmes et des dieux du moment. Dogmes et dieux qui se sont manifestement parfaitement bien implantés en Russie aussi.

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